En adoptant l'enseignement axé sur les résultats dans le cadre de son programme de reclassement, Cheri Smith a très nettement amélioré la qualité de l'enseignement de l'école secondaire Yale d'Abbotsford, en Colombie-Britannique. L'enseignement axé sur les résultats est une méthode pédagogique qui met davantage l'accent sur les résultats que peuvent obtenir les élèves d'ici la fin d'un cours que sur les prouesses de leur mémoire. La note globale de l'école aux examens provinciaux dépasse la moyenne générale de la province. Individuellement, les élèves de Cheri se classent généralement au-dessus du 95e percentile dans les concours nationaux et internationaux, et raflent honneurs et médailles aux Olympiques provinciales, nationales et internationales des sciences.
Au cours de ses années d'enseignement à l'école secondaire Yale, le pourcentage d'élèves inscrits au tableau d'honneur est passé de 22 à 52 p. 100. Qui plus est, contre toute attente, les inscriptions en sciences sont plus nombreuses au second trimestre qu'au premier trimestre.
Deux de ses anciennes élèves, toutes deux titulaires d'une bourse d'excellence de reclassement et les deux seules femmes au Canada à avoir reçu cet honneur l'année de leur diplôme, déclarent qu'elles n'auraient jamais atteint ce niveau sans l'aide de Cheri Smith.
« Que vous soyez enseignant ou entraîneur, vous ne devez jamais être à court de stratégies. »
Quelle serait la meilleure méthode pour passer de la médiocrité à l'excellence? Comment pouvons-nous préparer les jeunes à l'apprentissage permanent? Je me pose ces questions chaque fois que j'aborde un nouveau groupe ou que je prépare un nouveau cours. Cette quête m'a amenée à mettre l'accent sur l'attitude. Mon objectif est d'inciter tous mes élèves à adopter la bonne attitude pour réussir. J'essaie également de faire partager à mes collègues et aux administrateurs le désir de créer un climat d'apprentissage idéal.
Lorsque j'ai abandonné la chimie pharmaceutique pour enseigner la biologie et la chimie, il m'a fallu retourner en arrière et réapprendre. J'ai refait la même démarche que les jeunes et j'ai découvert que les études n'ont rien à voir avec le nombre de diplômes, mais dépendent plutôt de la volonté d'apprendre tout au long de sa vie. En tant que femme, directrice de la section des sciences et enseignante, je peux servir de modèle.
Quand j'ai entendu parler pour la première fois de l'enseignement axé sur les résultats, j'ai dressé l'oreille parce que la méthode n'était pas sans analogie avec ce que je faisais déjà en classe : par exemple, faire passer plusieurs contrôles aux élèves et écrire au tableau la liste des résultats visés pour chaque cours. Je n'ai pas adopté un système qui m'était étranger; j'ai modifié un système pour l'adapter à mon propre style.
Mes élèves ont adopté une attitude positive lorsque je leur ai fait comprendre qu'ils étaient responsables de leur propre développement intellectuel. Je leur dis ce que j'attends d'eux chaque trimestre de sorte qu'ils puissent avoir une idée de leur rendement par les examens, les contrôles et les expériences que je leur impose fréquemment.
Lorsque je prépare mes cours, je ne perds jamais de vue les six aptitudes que doivent posséder les diplômes à leur sortie de l'école, par exemple bien communiquer et apprendre de manière autonome. Je calcule la note cumulative de chacun, qui est fréquemment mise à jour de sorte que les élèves sachent toujours où ils en sont. Les élèves m'évaluent également régulièrement, ainsi que mes cours, par l'intermédiaire de questionnaires qui me donnent une idée de mon rendement. J'ai recours à ces techniques non seulement pour le programme de reclassement, mais dans tous mes cours.
Je suis une adepte convaincue de l'apprentissage de la maîtrise. Tous les élèves doivent être en mesure de maîtriser 80 p. 100 de la matière d'un cours. Pour les aider en ce sens, je crée différentes versions de tous mes contrôles en utilisant ma liste de résultats visés pour chaque unité, de façon à poser des questions différentes qui testent les mêmes connaissances et aptitudes. Les élèves peuvent reprendre un contrôle s'ils me prouvent qu'ils ont fait l'effort de réétudier la matière. Pendant que certains reprennent les contrôles, d'autres, qui ont assimilé plus rapidement la matière, progressent en passant à des exercices de renforcement. Chacun apprend à son propre rythme.
L'apprentissage de la maîtrise requiert bien des efforts supplémentaires de la part de l'enseignant et des élèves : il faut consacrer du temps à préparer et à donner d'autres contrôles et à faire du travail dirigé à l'heure du repas et après les cours. Cependant, les élèves sautent véritablement sur l'occasion qui leur est donnée de bien faire.
En plus des contrôles traditionnels, j'essaie de donner à mes élèves, au moins deux fois par an, l'occasion de faire des « démonstrations récapitulatives ». Les groupes d'élèves ont alors l'occasion de montrer ce qu'ils ont appris de manière ludique, en produisant une vidéocassette, en présentant une pièce ou en animant un jeu. Ainsi, dans le cadre de la démonstration récapitulative d'une unité sur le tableau périodique, un groupe a écrit une pièce où les divers éléments sont personnifiés, tandis qu'un autre groupe s'est inspiré du jeu questionnaire « Secrets de famille» où les familles d'éléments s'affrontent entre elles.
Chaque année, deux élèves de mon cours de chimie du programme de reclassement conçoivent et font fabriquer un tee-shirt humoristique sur leur classe, qui connait un immense succès. Cela donne une idée de l'esprit d'équipe qui règne. Tout le monde a le sentiment de travailler ensemble vers un but commun. Nous montrons également aux élèves de tous les niveaux de l'école que la chimie n'est pas que pour les surdoués, et qu'il n'y a pas de honte à être intelligent.