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Prix du Premier ministre pour l'excellence dans 
l'enseignement

Richard Cornwall


Richard Cornwall a réussi à merveille à concevoir des stratégies d'apprentissage intégrées. À mesure que ses élèves participent à des simulations et à des projets, ils acquièrent des aptitudes pour les mathématiques et sont en mesure de les appliquer et de les intégrer à toutes les autres disciplines. Richard a récemment mis sur pied un « marche boursier », auquel participent les 180 élèves de 8e année de l'école Sir Ernest MacMillan de Scarborough, en Ontario. Il a également modifié et dirigé une unité dans laquelle les élèves construisent des ponts avec des pates alimentaires.

Richard a aidé ses élèves de mathématiques à préparer des concours et a fait office de mentor auprès de nombre d'entre eux. L'un de ses élèves écrit d'ailleurs : « Au cours des deux années oô j'ai eu Richard Cornwall comme professeur, les maths sont devenues ma matière préférée, de même que celle oô je réussissais le mieux. Il est difficile de croire qu'en 6e année, j'ai eu beaucoup de fil à retordre avec un sujet qui sera ma majeure à l'université. » Richard est également considéré par le conseil scolaire local comme un modèle pour les autres enseignants; il a publié des ouvrages pédagogiques et a aidé ses collègues à évoluer professionnellement.

Méthode d'enseignement

« L'enseignement intégré de notre école semble "faire le lien" entre l'enseignement à l'ancienne et l'enseignement contemporain. »

À mesure que j'ai acquis de l'expérience en classe, mon rôle d'enseignant a changé. J'encourage maintenant mes élèves à trouver les axes, les relations et les contextes, tant dans le domaine de la connaissance que dans les situations réelles. Je leur montre comment évaluer l'expérience, c'est-à-dire le caractère raisonnable des choses.

J'ai recours à « l'enseignement intégré » pour enseigner aux élèves en tant que personnes complètes. La simulation du marché boursier et celle de la construction de ponts s'inspirent du programme commun, et l'on a tenu compte des résultats prévus dans diverses matières. Mes collègues et moi concevons des méthodes novatrices pour atteindre les résultats voulus en nous appuyant sur les intérêts et les qualités des élèves. En conséquence, les simulations que nous avons mises au point sont intégrées au programme.

L'étape suivante consiste à suivre les élèves lorsqu'ils entrent à l'école secondaire et à établir plus de relations entre les divers niveaux du système scolaire.




Expérience pratique

Bien que certains de nos projets puissent sembler d'une envergure incroyable, ils ont commencé assez modestement. La simulation du marché boursier, par exemple, était au départ un exercice relativement simple conçu pour un cours, qui est devenu un événement auquel toute l'école participe maintenant.

Pendant 2 h tous les vendredis après-midi, tout au long d'un trimestre, les 180 élèves de 8e année et leurs enseignants ont participe à un « marche boursier » installé dans la cafeteria de l'école. L'exercice comportait 2 parties: d'une part, chaque élève se voyait remettre la somme fictive de 10 000 $ à investir à la Bourse de Toronto et, d'autre part, des groupes de 4 à 5 élèves employaient un capital de démarrage de 200 000 $ pour former des sociétés afin d'acheter et de vendre des actions. Nous avions réparti les groupes de façon à ce que chacun comprenne un nombre équilibré de garçons et de filles ainsi que des élèves de niveaux différents.

Au début, nous avons donné à nos élèves des billets factices, mais ils les ont perdus trop facilement. Plus tard, toutes les transactions ont été effectuées par « chèque » et les élèves ont dû présenter un bilan à jour chaque semaine.

Chaque séance commençait par 10 à 15 questions de réchauffement en calcul mental, suivies de questions à la calculatrice liées aux maths et aux affaires. Les enseignants écrivaient ces questions au début. Plus tard au cours de l'expérience, ce sont les élèves eux-mêmes qui ont formulé les questions. Chaque société pouvait répondre à chaque question et obtenait un crédit de 50 $ pour chaque réponse exacte.

Puis on passe aux achats et ventes. Chaque semaine, un élève différent de chaque société était désigné comme porte-parole du groupe et disposait de 20 min pour convaincre les autres élèves d'acheter des actions de sa société. L'ambiance était aussi bruyante et chaotique que celle d'un véritable marché boursier.

Nous avons eu recours à une combinaison de dés et de cartes de valeur pour faire monter et chuter les actions. Une carte noire de « ½ » alliée à un coup de dés de 12, par exemple, pouvait faire grimper une action donnée de 6 $. Une autre série de cartes fondées sur des événements mondiaux pouvait également influencer le cours des actions. C'est ainsi que lorsque le Championnat du monde de basket-ball s'est déroulé à Toronto, les actions des entreprises d'articles de sport ont grimpe de 25 $.

Au cours de la première demi-heure de chaque séance du vendredi, les élèves faisaient des cartes d'affaires, des prospectus et des certificats d'actions pour leurs entreprises.

Mes élèves de mathématiques se sont laissés gagner par l'enthousiasme. Ils achetaient les journaux et ont commencé à comparer les cours des actions au déjeuner. Les entreprises qu'ils constituaient, notamment des entreprises de vêtements, des compagnies aériennes et un parc d'attractions, ont commencé à faire de la publicité. Elles achetaient même du « temps d'antenne » sur le système de sonorisation de l'école. Des affiches ont fait leur apparition sur les murs de la cafeteria. Les créances contestées ont été portées devant un tribunal fictif.

Il était important de fournir aux élèves les ressources dont ils avaient besoin pour donner de l'ampleur au projet. Nous avons acheté un document vidéo de la Bourse de Toronto et utilise une unité d'enseignement produite par la Bourse et le Toronto Star. Les parents et des membres de la collectivité ont fait le reste. Les parents apportaient des magazines comme Fortune et Business Week dans lesquels les élèves puisaient des idées pour leurs propres sociétés. Un courtier, un gestionnaire de prêts et un préposé à la vente de petites annonces sont venus faire des causeries dans différentes classes.

À la fin de l'unité, nous avons affiché la liste des sociétés qui avaient gagné le plus d'argent. À l'avenir, nous aimerions prévoir une cérémonie protocolaire quelconque.

L'unité a particulièrement plu aux élèves qui sont habituellement rebutés par les mathématiques. L'ancrage dans la vie réelle rendait l'expérience plus pertinente pour les élèves d'anglais langue seconde et d'autres. Et, comme l'unité est à la fois fondée sur la coopération et la compétition, elle apprend aux élèves à assumer leur propre apprentissage.