Le programme d'enseignement coopératif des sciences mis au point par Gary Case au Prince of Wales Collegiate de St. John's, à Terre-Neuve-et-Labrador, était une première dans la province. Il entre actuellement dans sa quatrième année.
En plus de veiller à ce que les élèves bénéficient d'une expérience de travail valable, Gary a enseigné avec succès à des élèves à risque, a aidé des élèves exceptionnels à réaliser leur potentiel et a incité tous ses élèves à faire de leur mieux. Il a également encouragé ses collègues à utiliser la technologie de pointe. Si l'on en croit un de ses collègues à la retraite, « sa contribution à la science, aux études informatiques et à l'enseignement technologique ne mérite que des superlatifs ». Un parent a écrit, « notre fils à trouvé en lui un éducateur stimulant … il a obtenu 94 p. 100 à son examen final. Gary Case s'intéresse au bien-être de ses élèves. »
En 1992, le Newfoundland and Labrador Science and Technology Advisory Council lui a décerné son prix d'excellence dans l'enseignement des sciences.
« Je veux que les élèves considèrent l'activité scientifique d'un œil critique, ce qui n'a rien à voir avec la connaissance de la mythologie scientifique. »
Dans tous mes cours, je mets au défi mes élèves de prendre en charge propre apprentissage et de prendre conscience de la façon dont ils acquièrent des connaissances. Bien que je sois toujours la pour répondre aux questions, je fais savoir aux élèves qu'ils doivent préparer des questions montrant qu'ils comprennent le problème qui leur est soumis. J'insiste pour qu'ils étoffent le « ça » qu'on trouve dans l'expression « je ne comprends rien à ça ». C'est cet effort qui leur permettra de comprendre et qui me permet également de répondre de façon satisfaisante à leurs questions. Cette méthode montre aux élèves que je les respecte, quelles que soient leurs aptitudes.
L'enseignement coopératif offre aux jeunes la possibilité d'acquérir une expérience scientifique authentique et de nouvelles connaissances, en plus de leur donner une idée du monde du travail. Je gère l'expérience des élèves au lieu de m'en tenir à la communication des faits. Je travaille en partenariat avec les élèves, mes collègues, les administrateurs, la collectivité et les mentors qui accueillent les participants au programme d'enseignement coopératif des sciences. J'essaie de me concentrer constamment sur la qualité de l'enseignement du point de vue des élèves. Dans le cadre de leur stage, ces derniers ont la possibilité de faire des sciences dans des domaines de pointe ainsi que de développer veritablement leurs aptitudes analytiques et leur sens critique.
Nous avons lancé le programme d'enseignement coopératif à Prince of Wales il y a quatre ans, grâce à une subvention d'Emploi et Immigration Canada, qui a servi à payer une partie du traitement des enseignants participants. Ce programme peut toutefois être établi sans financement distinct. Il suffit que l'école et le conseil scolaire conviennent d'y réaffecter un enseignant.
Voici certains points importants qui entrent en ligne de compte lorsqu'on établit un programme d'enseignement coopératif des sciences.
Avant le début du programme, l'enseignant responsable évalue les candidats potentiels en établissant le profil des élèves et en conduisant des entrevues. Les élèves sont évalués et l'on s'attache à des qualités comme la motivation et l'initiative ou la maturité. On tient compte également des recommandations des professeurs et des résultats scolaires, qui doivent être « bons » mais pas forcement « exceptionnels ».
Le programme commence par un module préparatoire à l'emploi qui s'étend sur les six premières semaines de l'année scolaire. Au cours de cette unité, les élèves apprennent à remplir des demandes, à rédiger un curriculum vitæ et une lettre d'accompagnement, et à bien se comporter au cours des entrevues. Une fois qu'ils maîtrisent ces aptitudes, on leur communique les stages qui s'offrent à eux et ils choisissent ce qui les intéresse.
Le volet stage en milieu de travail représente 200 h reparties sur toute l'année scolaire. Les emplois du temps sont conçus de façon que les élèves disposent de 5 après-midi sur un cycle de 14 jours. Une séance de travail habituelle dure de 13 h à 17 h. Une fois en place, chaque élève est confié à un superviseur. Il peut participer à des projets avec le superviseur ou avec un groupe de scientifiques, mais il arrive également qu'on lui confie un projet personnel.
Le choix des employeurs en puissance est crucial, de même que les interactions avec ces personnes. J'entre en contact avec eux, je m'assure qu'ils comprennent bien ce que nous attendons d'eux, c'est-à-dire que nos élèves fassent vraiment de la recherche scientifique avec des chercheurs, plutôt qu'un travail d'« assistant de laboratoire » ou de « simple observateur ». De nombreux laboratoires de recherche, sociétés d'ingénierie et sociétés de développement technologique ont relevé ce défi.
Je peux être extrêmement utile à mes élèves en veillant à ce qu'ils ne soient pas déçus par la routine et par le caractère répétitif, voire ennuyeux, de la recherche. Cet aspect est particulièrement important lorsqu'un élève est appelé à travailler à un projet qui dure depuis des mois, ou même des années. J'aide les élèves à se renseigner sur le contexte plus vaste de leur travail, et je les encourage à poser des questions aux chercheurs avec lesquels ils travaillent. Lorsqu'ils apprennent à poser des questions, ils comprennent que certains travaux sont répétitifs parce que cela fait partie du processus et leur sentiment d'ennui ou de frustration s'évanouit.
Pour qu'un programme réussisse, je suis entièrement convaincu qu'il faut avant tout que les élèves eux-mêmes le jugent valable. Notre évaluation finale est fondée non seulement sur le module de préparation à l'emploi, les stages et les évaluations de l'employeur et de l'enseignant, mais également sur l'auto-évaluation de l'élève, son registre des travaux (qui énonce des faits) et son journal de travail (dans lequel il consigne tout ce qu'il pense ou ressent). Cette façon de procéder nous permet d'évaluer l'expérience de travail dans son ensemble: la capacité d'adaptation de l'élève, ce qu'il a appris, ce qu'il a découvert sur les sciences, si sa confiance en soi s'est améliorée et s'il est satisfait de ce qu'il a accompli.