Lorsque Peter Crippin enseignait à l'institut collégial Woburn de Scarborough, en Ontario, l'école comptait plus de participants à l'Olympiade internationale de mathématiques que n'importe quel autre établissement scolaire du Canada. En 9 ans, ses élèves ont obtenu à 5 reprises la meilleure note au concours de mathématiques Descartes et au concours de mathématiques Euclide de 12e année, et 3 fois la note la plus élevée au concours Fermat de 11e année.
Bon nombre de ses élèves ont poursuivi des études supérieures en mathématiques, en sciences et en médecine dans des universités prestigieuses. Ils attribuent leurs débuts prometteurs à l'enseignement de Peter ainsi qu'à l'importance qu'il a toujours accordée à la résolution de problèmes.
Peter a contribué au perfectionnement professionnel de ses collègues en donnant régulièrement un cours spécialisé aux professeurs de mathématiques à la York University.
« Un professeur ne devrait jamais se vanter de connaître la solution d'un problème… »
Lorsqu'on enseigne la résolution de problèmes, le raisonnement importe plus que la réponse. En mettant l'accent sur la méthode plutôt que sur la solution, on fait appel aux connaissances de l'élève. On lui montre également comment apprécier les autres et leurs idées. Si les élèves y mettent du leur, l'enseignant peut les motiver et leur présenter diverses perspectives en discutant avec eux.
Le sais bien que les mathématiques ne sont pas l'alpha et l'oméga, et que tous mes élèves ne peuvent pas poursuivre des études supérieures en mathématiques, mais je crois que les techniques de résolution de problèmes ainsi que le raisonnement mathématique et scientifique peuvent enrichir leur vie et les aider à comprendre le monde qui les entoure.
À mes yeux, les cours supérieurs et les concours de mathématiques devraient être ouverts a tous les élèves, et non seulement aux plus doués. À Woburn, tous ceux qui réussissent à me convaincre qu'ils sont prêts à travailler dur peuvent y participer.
Pour bien préparer les élèves aux concours de mathématiques, il faut mettre l'accent sur les besoins pédagogiques auxquels ils répondent. Ces concours sont importants car ils permettent aux participants d'apprendre à résoudre des problèmes.
Cet aspect revêt une importance particulière pour les élèves de 9e année. Bon nombre d'entre eux considèrent les mathématiques comme un processus mécanique; ils croient qu'il suffit d'entrer les chiffres d'un côté pour que la réponse apparaisse de l'autre. Il incombe au professeur de leur montrer que les calculs ne constituent que la matière brute, et qu'il s'agit surtout de trouver la logique qui conduit à la réponse.
Pour réussir, les professeurs doivent eux-mêmes être enthousiastes. En 9e, je commence l'année en partageant ma passion des mathématiques avec mes élèves. Dès le départ, je prends le temps de leur soumettre un problème ou deux et d'en discuter avec eux.
Aux activités scolaires, s'ajoute la ligue de mathématiques du cycle supérieur (12e et 13e années) et celle du premier cycle (9e, 10e et 11e années), qui organisent des concours après les heures de classe. Ces concours exigent beaucoup de travail d'équipe et de coopération. Aucun professeur ou élève ne peut réussir en faisant cavalier seul. Pour s'améliorer, il faut discuter des problèmes et constamment échanger ses idées.
Notre objectif est d'utiliser cette méthode dans d'autres écoles et même dans d'autres conseils scolaires, d'apprendre à connaitre les ressources disponibles et d'y avoir recours. À cette fin, il faut d'abord communiquer avec d'autres professeurs qui préparent déjà des élèves en vue de concours. L'University of Waterloo élabore également beaucoup de matériel de soutien très efficace, structuré par sujet et degré de difficulté. La plupart des concours de mathématiques en place sont très accessibles et peu onéreux.
Votre enthousiasme pour la résolution de problèmes ne pourra que déteindre sur vos élèves. Ces derniers constateront que vous écoutez ce qu'ils proposent comme méthode et que vous n'imposez pas votre façon de faire. En demeurant à l'écoute, vous enseignez plus que les mathématiques. Vous montrez à vos élèves à faire preuve d'ouverture et de curiosité.