Comment puis-je ouvrir de nouveaux horizons à mes élèves?
Quand ils regardent en arrière, la plupart des adultes se rappellent d'un défi qui les a conduits au succès. Il s'agissait peut-être d'une tâche qui a d'abord semblé impossible et qu'ils ont fini par maîtriser, pour leur plus grande fierté. Cette tâche leur a aussi permis de connaître des gens et d'acquérir des compétences et de la confiance en soi.
Ces expériences prennent tout leur sens plus tard, car nous comprenons combien ce que nous avons réalisé comme adultes est tributaire de la croissance personnelle qui a accompagné ces expériences. Même les échecs peuvent servir de tremplin pour les succès futurs.
Tous les grands défis ne sont pas couronnés de succès. Les élèves peuvent tout aussi bien perdre confiance en eux-mêmes et en leur entourage. Sachant cela, les enseignants sont constamment à la recherche de nouvelles activités à proposer aux élèves et de moyens pour que les activités existantes fonctionnent mieux. Dans cette partie, nous ferons la connaissance d'un nouveau défi et d'une façon très intégrée d'aborder une activité connue depuis longtemps.
Comment puis-je établir un lien entre ma matière, dont les élèves se souviendront ou non après la fin de leurs études, et certaines grandes leçons qu'ils pourront appliquer, peu importe ce qu'ils feront dans la vie? Les élèves de Tami Dowler-Coltman dirigent une pièce de théâtre, un grand défi qui fait appel à tout ce qu'ils ont appris à propos du théâtre et qui les prépare aussi à collaborer avec des gens d'autres domaines.
À la découverte de la vie par les arts

« L'objectif des divers programmes de cette école d'art n'a jamais été de préparer quelques élèves à une carrière en chant, en danse ou en théâtre, mais bien d'aider tous les élèves à réaliser leur potentiel et à réussir en tant qu'adultes, qu'ils deviennent chanteurs, acteurs, ingénieurs, médecins, avocats ou enseignants. »
« Grâce à l'influence de Tami, cette école n'offre pas seulement un enseignement dans diverses disciplines, mais aussi l'expérience d'un large éventail d'idées et de compétences. Notre école est celle de la renaissance! » Un collègue enseignant.
Tami Dowler-Coltman
Victoria School of Performing and Visual Arts
Edmonton (Alberta)
Depuis plus de dix ans, Tami Dowler-Coltman joue un rôle important dans la revitalisation de l'école Victoria. En 1985, l'école s'appelait Victoria Composite, un établissement délabré du centre-ville, qui s'apprêtait à fermer ses portes. Maintenant, 1 800 élèves de la maternelle à la 12e année sont inscrits à cinq programmes d'arts : la School of Music, la School of Dance, la Theatre School, la School of Art and Design et la School of Video and Broadcast Studies. Tami a joué un rôle important dans l'élaboration du programme d'études de ces écoles, qui comptent parmi les meilleures au Canada, et elle enseigne le théâtre et l'art dramatique au secondaire.
Leçons de vie
L'un des objectifs premiers du cours est de dégager des leçons précieuses pour la vraie vie. Les bons exemples ne tardent pas à se manifester, dès la distribution. Certains élèves ont plus de facilité que d'autres, mais tous sont conscients des défis du travail en équipe.
Chaque metteur en scène doit dresser la liste des personnages de sa pièce en les décrivant de manière détaillée. Puis, nous lançons un appel général pour recruter des acteurs, qui doivent auditionner pour l'ensemble des 18 pièces. Ensuite, nous rappelons certains candidats. À l'aide de leur liste de personnages, les metteurs en scène proposent la distribution idéale pour leur pièce, puis nous décidons en groupe des acteurs qui joueront dans chaque pièce. La négociation a ses moments difficiles, mais en fin de compte, les metteurs en scène font preuve, dans leur travail, d'une générosité digne des grands diplomates.
Voici un autre exemple : quand ils étudient une pièce dans le but de la produire, les élèves se livrent à une gymnastique mentale plus exigeante que celle qu'ils font habituellement en classe. En plus d'analyser le scénario, les personnages et le sens, ils doivent envisager différentes interprétations, chercher d'autres sources, poser des questions, résoudre des différends, prendre des décisions et adopter une méthode cohérente. Cette démarche présente à l'élève des modèles de succès dans les entreprises de la vie en plus de stimuler la créativité, et de lui apprendre l'autodiscipline, le travail d'équipe, la résolution de problèmes et la gestion des ressources.
Surtout, nos 20 à 25 élèves acquièrent de la confiance en apprenant à se servir des outils fondamentaux du metteur en scène pour donner vie à leur vision. Les chefs de file parmi les élèves font appel à leurs aptitudes dans les relations interpersonnelles pour que les auditions et la distribution constituent une expérience positive pour tous les membres de la production.
La tâche immense qui consiste à réunir tous ces éléments, à les disposer et à les raffiner pour former un tout cohérent sur le plan artistique devient le grand défi pour les jeunes metteurs en scène. Le cours représente un engagement intense du début à la fin. Comme le disait un élève : « La mise en scène est stressante. C'est une tâche intimidante. Elle exige énormément de temps et d'énergie. Vous devez faire des sacrifices, mais ça vaut la peine. La mise en scène est amusante et stimulante, et le sentiment qu'on éprouve à assister à une représentation, assis avec l'auditoire, est indescriptible. »
Comment puis-je empêcher les cliques et autres obstacles sociaux d'exclure certains élèves d'activités dont ils bénéficieraient? James Myles a adopté la façon la plus intégrée possible d'aborder les comédies musicales et il a obtenu des résultats très positifs, sur scène et ailleurs.
Une place sous les projecteurs
« Les enseignants ont entre les mains une arme à deux tranchants. Une seule parole peut détruire un élève ou l'aider à trouver sa voie. Les camarades ont d'ailleurs le même pouvoir. Le fait d'être accepté ou rejeté par une bande peut avoir une influence énorme sur un jeune. »
« James Myles donne aux jeunes le sens de leur propre valeur, ce qui n'est pas fréquent dans notre système d'éducation. Son enthousiasme est contagieux, son dévouement inspire et il a énormément d'entregent. » Un collègue.
James Myles
Fredericton High School
Fredericton (Nouveau-Brunswick)
Il y a maintenant 31 ans que James Myles enseigne chaque jour avec le même enthousiasme. Il dirige le département des sciences, qui compte 27 professeurs, de la plus grosse école secondaire au Canada. Tout aussi préoccupé du développement personnel de chacun de ses élèves que de la matière des cours, M. Myles commence chaque journée de travail en se posant la question suivante : « Qu'est-ce que je peux faire différemment ou mieux aujourd'hui? »
Que le spectacle commence
Chaque élève a droit à son heure de gloire sur la scène. Mais il faut du temps, de l'argent et un travail d'équipe pour y arriver.
Travail d'équipe
Pour être couronnée de succès, une production a besoin d'une bonne équipe de bénévoles.
- Notre chorégraphe est un danseur professionnel de la collectivité.
- Un ancien élève s'occupe des décors.
- Un groupe de parents confectionnent les costumes pour les seconds rôles et les membres du chœur. Nous louons les costumes de premiers rôles d'une maison de location de costumes de Toronto.
- Un directeur musical et l'orchestre de l'école, formé de 30 musiciens, s'occupent de la musique.
- La publicité est organisée par un parent.
- Une entreprise locale commandite l'impression du programme, des billets et d'une affiche pour chaque membre de la distribution.
Investissement en temps
Nos productions prennent six mois à monter; les auditions pour les premiers rôles commencent en octobre. Du début décembre à la fin mars, je répète tous les jours avec un élève ou un petit groupe. Nous établissons la chorégraphie de chaque mouvement et les élèves ont tout le temps qu'il leur faut pour apprendre leurs rôles. Tous les membres de la distribution répètent ensemble quatre fois par semaine, y compris le vendredi soir et le samedi (ce qui plaît beaucoup aux parents puisque les jeunes ne traînent pas dans la rue). Ce calendrier de répétitions peut paraître excessivement long, mais ne l'est pas, compte tenu du nombre de personnes en cause. Nous assemblons toutes les pièces de ce travail d'équipe environ deux semaines avant le spectacle.
Investissement en argent
Si nous avons troqué l'auditorium de l'école contre le théâtre du centre-ville, il y a maintenant cinq ans, c'est parce que l'auditoire avait trop grossi. Il y a des gens - pas seulement des parents - qui assistent à chacune des cinq représentations. La vente des billets nous rapporte environ 60 000 $, ce qui suffit à absorber nos coùts de production.
Vous avez besoin de patience et d'énergie. Je n'ai pas à composer avec un groupe de 200 jeunes, mais avec 200 personnes différentes. Il faut de la patience pour donner à chacun l'attention qu'il mérite.