Prix du Premier ministre pour l'excellence dans 
l'enseignement

Quel rapport peut-il bien y avoir entre l'école et la vraie vie?


Les enseignants sont bien plus préoccupés par cette question qu'ils ne veulent l'admettre. Ils savent que la matière qu'ils enseignent peut être vivante et intéressante. Mais, trop souvent, cette discipline qu'ils connaissent et aiment ne semble pas décoller des pages des manuels ni éveiller l'intérêt des élèves d'aujourd'hui.

L'enseignement à partir de manuels a aussi des effets pervers. Les élèves dont l'aptitude à la lecture est faible ne connaissent pas l'enthousiasme et n'ont pas la chance de découvrir entièrement où leur éducation peut les mener et quels liens elle présente avec le vaste monde qui les entoure.

La plupart, voire l'ensemble, des enseignants cherchent des moyens d'insuffler la vie au programme d'études. Dans la présente partie, trois enseignants décrivent comment ils ont éveillé l'intérêt des élèves et les ont aidés à apprendre plus efficacement, en faisant entrer des activités de la vraie vie dans la classe.

Comment puis-je produire un cadre dynamique dans lequel les élèves peuvent apprendre et appliquer des matières régulières des cours de commerce comme la comptabilité, le marketing, l'entreprenariat et la gestion de l'entreprise? Enviroworks, « une école dans une entreprise » créée par Michael Zanibbi, aide à éloigner plus de 60 tonnes de déchets de construction et de démolition des dépotoirs locaux et offre aux propriétaires de maisons et aux rénovateurs une source économique de matériaux.

Les affaires : tout un apprentissage

« Après un an d'enseignement en commerce, je m'ennuyais vraiment. Les élèves s'ennuyaient aussi. Le programme était intéressant, mais l'environnement était inadéquat; il ne correspondait pas à ce que j'enseignais. J'étais en train de dégoûter les élèves des affaires. »

« M. Zanibbi et le programme Enviroworks m'ont permis d'acquérir une expérience réaliste que je pourrai mettre à profit puisque je veux diriger ma propre entreprise un jour. » Un élève.

Michael Zanibbi

Queen Elizabeth Collegiate and Vocational Institute
Kingston
(Ontario)

Michael Zanibbi admet que sa formation n'est pas traditionnelle pour un enseignant : il possède un baccalauréat en anglais et en histoire, une maîtrise en littérature et une maîtrise en administration des affaires. Lorsqu'il a terminé ses études en administration, il a refusé des offres d'emploi du secteur privé pour aller chercher son baccalauréat en éducation. Cet enseignant primé déclare : « Il est très important d'avoir une formation variée et prolongée, tout comme il est très important d'apprendre toute sa vie durant. »

Dans votre collectivité

Cette idée peut être reprise dans presque toutes les collectivités, mais il est important de réaliser une analyse de marché. Si une entreprise de recyclage n'est pas réalisable, cherchez des possibilités semblables.

L'entreprise doit être suffisamment importante pour générer les revenus qu'il faut pour couvrir les coûts de base de l'entreprise tels que le loyer, les services publics et d'éventuels salaires. Si vous demandez au conseil scolaire de subventionner l'entreprise, il vous sera peut-être plus difficile d'obtenir l'appui de sources publiques et privées de financement des programmes de création d'emploi comme celui-là.*

Certains facteurs sont déterminants pour la réussite d'un programme comme Enviroworks.

Trouvez un chef d'entreprise - une personne qui comprend les affaires, qui connaît le programme d'études, qui est prête à investir les heures qu'il faut pour diriger l'entreprise. Il s'agit d'une école dans une entreprise, et non pas de l'inverse. L'entreprise vient en premier, le programme d'études suit tout naturellement.

Préparez une bonne analyse du marché et de la concurrence. Certains grands centres urbains qui possèdent déjà un point de vente de matériaux de construction usagés pourraient en faire vivre un deuxième. Beaucoup de villes n'en possèdent aucun et sont tout à fait ouvertes à ce genre de possibilité.

Présentez le plus possible de demandes de subventions gouvernementales ou d'entreprises. L'entreprise a besoin d'environ 55 000 $ à 60 000 $ par année pour payer le loyer, le camion et les salaires. Après trois ans d'activité, nous approchons du seuil de rentabilité.

Comme dans chaque milieu de travail, nous prenons toutes les mesures de sécurité possibles. Les clients éventuels insistent là-dessus avant de retenir nos services. Les parents n'ont pas à signer de décharge car la plupart des élèves sont majeurs. Le conseil scolaire assume l'assurance en cas d'accident de travail, comme il le fait pour les autres programmes de travail-études.

* Je suis en train de préparer un cédérom qui résume toutes les sources d'approvisionnement, de financement et de matériel pédagogique que j'ai pu rassembler. Pour en savoir davantage, communiquez avec moi à l'école, au 613-531-0547.




Comment puis-je enseigner la politique et le régime parlementaire canadiens de manière stimulante et intéressante? Le parlement modèle de Richard Lonsdale fait partie du programme d'études sociales de 11e année. Les élèves y acquièrent une excellente compréhension de notre régime parlementaire en y participant pendant un mois.

Débats et acquisition de compétences

« Je m'estime heureux d'enseigner l'histoire et les sciences sociales. Loin d'être des matières figées, ce sont, à mon avis, des sujets vivants et d'un intérêt immédiat. Des événements d'une importance historique se produisent tous les jours, de sorte que mes cours varient d'une année à l'autre. »

« M. Lonsdale m'a fait découvrir la voie de la sagesse et du questionnement, qui me sera toujours utile peu importe la façon dont je choisirai de vivre. Je lui en serai éternellement reconnaissant. » Un ancien élève.

Richard Lonsdale

Pleasant Valley Secondary School
Armstrong
(Colombie-Britannique)

Richard Lonsdale est bien connu parmi les enseignants de la Colombie-Britannique pour ses réalisations professionnelles. Ses cours préparent les élèves à exceller dans leurs études postsecondaires parce qu'il favorise les bonnes habitudes de travail et d'études, raffine leurs compétences en recherche et en lecture et établit des objectifs hebdomadaires. Ses élèves obtiennent régulièrement les meilleures notes dans les examens provinciaux d'histoire de 12e année.

À l'ordre

Voici quelques trucs qui vous aideront à préparer un parlement modèle dans votre école.

Trouvez une salle assez grande pour accueillir tous les participants, qui peut être réservée pour toute la semaine (selon la durée de l'activité).

Utilisez des pupitres ou simplement des chaises pour les députés, en donnant les pupitres aux porte-parole des partis et les chaises aux autres députés.

Il vous faut aussi une estrade et un fauteuil pour le président de la Chambre des communes ainsi qu'un bon système de sonorisation, comprenant deux ou trois microphones pour l'assemblée et un pour le président.

En prolongeant légèrement la période du déjeuner à tous les jours, vous disposerez d'une période suffisante pour traiter les affaires du gouvernement sans chambarder l'horaire des élèves (et celui des enseignants!).

Le président de la Chambre joue un rôle important dans les délibérations; le président devrait être un adulte au courant des usages parlementaires, mais pas un des enseignants qui organisent l'activité.

Chaque parti, en commençant par le parti au pouvoir, doit présenter deux projets de loi en première lecture et il faut prévoir assez de temps pour terminer la seconde lecture du premier projet de loi présenté par le gouvernement.

Les activités quotidiennes doivent comprendre une réunion des chefs et des conseillers des partis, la distribution aux élèves des ordres du jour établis par les chefs de partis ainsi que des projets de loi.

Enfin, n'oubliez pas de préparer un horaire détaillé avant que le parlement commence à siéger. Pensez aussi à commencer modestement et à vous amuser!




Comment puis-je faire en sorte que des élèves ayant différents styles d'apprentissage aient des chances égales d'apprendre? Ken Marland décrit comment un moment de curiosité ou d'intérêt offre une occasion d'enseigner, et comment des stratégies intégrées d'enseignement à l'extérieur de l'école peuvent être importées dans la classe pour exiger et stimuler à la fois la participation des élèves.

Égalité de l'accès à l'apprentissage

« Les enfants ont peut-être tous un droit égal d'apprendre et de connaître, mais ils ont des modes d'apprentissage et aptitudes différents. Ces différences expliquent pourquoi les classes et les cours traditionnels rendent parfois les apprentissages difficiles pour certains d'entre eux. »

« C'est grâce à M. Marland que j'ai pu aller si loin, si rapidement. Il a passé beaucoup de temps avec moi, avant ou après les heures de classe, pour m'aider à surmonter mes problèmes. » Un ancien élève souffrant d'un trouble déficitaire de l'attention, qui achève maintenant une licence de pilote commercial.

Ken Marland

Buena Vista Elementary School
Saskatoon
(Saskatchewan)

L'enseignement de Ken Marland dépasse le cadre de sa classe. Il a fondé un camp d'été et élaboré un programme de natation pour les enfants handicapés. Il a aussi participé à quelques programmes de protection de l'environnement, y compris une campagne de sensibilisation du public au déversement de produits chimiques dans les égouts pluviaux et un programme pour sauver l'anémone de prairies des jardiniers amateurs.

Comment les chauve-souris ont donné lieu à un projet

Je me suis rendu compte que le seul fait de garder ces petites bêtes en vie jusqu'à ce que nous puissions les relâcher au printemps pouvait donner lieu à de multiples apprentissages. Les enfants étaient enthousiastes. Il ne s'agissait pas d'un cours abstrait sur les chauves-souris. Ces chauves-souris étaient réelles et leur présence comportait des conséquences réelles et immédiates.

Ainsi, j'ai découvert que les chauves-souris ne devaient pas peser moins de 15 grammes, sinon elles étaient affamées. Nous devions donc les peser chaque jour. Puisque les chauves-souris gagnaient ou perdaient moins d'un gramme quotidiennement, les enfants ont dû apprendre les décimales (beaucoup plus tôt que ne le prévoit le programme) et effectuer les opérations mathématiques nécessaires pour exprimer les variations de poids à l'aide d'un graphique. Ce simple exercice a donné lieu à différentes activités d'apprentissage, car les enfants devaient apprendre à lire la balance, à transcrire les chiffres, à calculer les écarts de poids quotidiens, à trouver les points exacts sur le graphique et à y inscrire les nouveaux résultats.

Le projet des chauves-souris a inspiré de nombreux travaux en arts du langage. Ainsi, des gens préoccupés par la santé publique voulaient qu'on se débarrasse des chauves-souris. (En fait, les questions d'hygiène ont été prises très au sérieux pendant le séjour des chauves-souris parmi nous et les enfants n'y ont jamais touché.) Les élèves ont donc entrepris une campagne d'information du public. Ils ont publié deux journaux communautaires et produit de nombreuses affiches. Nous avons étudié les attitudes d'autres cultures envers les chauves-souris; les Chinois ont une attitude très positive envers elles, comparativement aux Européens.

Pendant la durée du projet sur les chauves-souris, la plupart des évaluations ont eu lieu oralement. Je donnais des tests écrits, mais je validais les résultats de ceux-ci à l'aide d'un examen oral.

Tout le monde dans la classe a appris. Tous les enfants ont atteint les objectifs du programme d'études, même les enfants qui avaient de la difficulté en lecture. Je me souviens d'un petit garçon qui, jusque-là, n'avait pas démontré beaucoup d'intérêt pour l'école. Un jour, il est arrivé en classe avec un grand sourire. Il avait convaincu sa mère de l'emmener en autobus à la grande bibliothèque du centre-ville, où il avait trouvé et emprunté deux livres sur les chauves-souris!