Prix du Premier ministre pour l'excellence dans 
l'enseignement

Des interventions positives

Il arrive que les enseignants puisent ailleurs qu'aux sources classiques pour trouver des idées. France Lafleur d'école Victor-Thérien à Lachine, au Québec, et Sharon Davis de Jack Hulland Elementary School, à Whitehorse, au Yukon, ont toutes deux introduit de nouvelles techniques dans la salle de classe afin d'aider les élèves à améliorer leur comportement.

Lorsqu'on fait des commentaires à un élève, toute critique envers ce qu'il fait est, de façon implicite, une critique envers lui-même, explique Mme Lafleur. « Les enfants ne voient pas la différence entre eux-mêmes et leurs actes. Dites à un enfant que son dessin n'est pas assez bon et il pourrait bien répondre qu'il ne sera jamais capable de dessiner. »

Mme Lafleur trouve que les techniques de programmation neurolinguistique (PNL) l'aident à donner aux enfants une meilleure rétroaction. « La PNL est une série de techniques de communication, explique-t-elle. I.D.COM Internationale est une école de PNLqui donne les cours sur la façon de mettre ces techniques en application. »

« Les techniques que j'ai choisies portent sur le choix des mots », dit Mme Lafleur. D'autres aident les enseignants à bien interpréter le langage corporel non-verbal et à mettre l'accent sur la voix pour encourager les élèves à travailler de façon différente.

L'objectif de Sharon Davis est aussi de favoriser de meilleurs comportements en utilisant des techniques mises au point pour le Community Justice Forum, une approche destinée à l'origine à remplacer l'imposition de peines au criminel. « J'ai tout de suite vu des applications possibles de cette méthode à l'école, surtout dans les cas où les élèves interrompent les cours, et comme solution de rechange à la suspension. J'ai suivi le cours trois fois. »

Les techniques utilisées sont idéales pour l'école parce qu'elles incitent les gens à réagir immédiatement et à corriger un comportement non désiré au lieu de récriminer. « Je rassemble les gens concernés - l'enfant, ses parents, l'enfant ou les enfants qui ont dû subir le comportement ainsi que leurs parents et enseignants. »

La discussion commence par les aveux de l'enfant qui a eu le comportement répréhensible, puis l'on examine ce qu'il faudrait faire pour réparer le mal. Tous les gens concernés doivent s'entendre sur ce qui doit être fait. Puisque l'enfant à l'origine du conflit accepte la plupart du temps les mesures de réparation proposées, celles-ci sont rapidement mises en œuvre, ajoute Mme Davis. « Il a parfois fallu un peu de cajoleries, mais jamais un enfant n'a omis de faire sa part. »

Selon Mme Davis, un autre avantage de cette approche est que les deux couples de parents ont tendance à se réconforter et à s'appuyer mutuellement.