Prix du Premier ministre pour l'excellence dans 
l'enseignement

Rien n'est impossible


Aider les élèves à atteindre leur plein potentiel

Dire que chaque enfant a du potentiel revient un peu à dire que les oiseaux volent. Nous savons tous qu'ils le font, et même comment ils s'y prennent, mais cela semble quand même magique. Grâce à ses ailes, un oiseau peut aller presque n'importe où au monde.

Un enfant assis à son pupitre possède le même potentiel d'aller presque n'importe où, de faire presque n'importe quoi.

À l'école, le potentiel d'un enfant - son intelligence et son talent, sa curiosité et sa volonté d'apprendre - le mène à sa note finale pour l'année ou lui fait traverser la scène de l'auditorium le jour de sa cérémonie des promotions. Mais en bout de ligne, il importe plus de savoir où va chaque enfant à sa sortie de l'école, conviennent les enseignants.

Les domaines où les enfants en viennent à exceller et le travail qu'ils font sont déterminés par un vaste éventail de facteurs, y compris leurs expériences - à la fois favorables et défavorables - dès leur jeune âge à l'école et ailleurs, comment ils apprennent et dans quel milieu ils le font, ainsi que leurs modes et leur milieu d'apprentissage.

Les enseignants sont dans une position idéale pour influencer bon nombre de ces facteurs et aider les enfants à prendre leur essor.

Bill French

Bill French

Bill French se souvient de ses débuts dans l'enseignement lorsqu'il a regardé sa classe d'élèves travaillant en silence, en rangées. Il était atterré de constater qu'il connaissait le programme, mais ne connaissait pas ses élèves. Il s'est mis à la recherche de leurs forces, de leurs besoins, de leurs joies et de leurs peines pour pouvoir donner à chacun un enseignement à la fois opportun et adapté à ces besoins. Il poursuit toujours cette recherche.

La chance sourit à l'enfant qui a un parent, un oncle ou un autre adulte de son entourage qui ne se lasse jamais d'inventer des mondes, qui a toujours quelque histoire à raconter et, mieux, qui a toujours le temps d'écouter les siennes. Bill French de la Lansdowne School à Edmonton, en Alberta, occupe une telle place dans la vie de ses élèves.

Ses diverses expériences de travail et de vie (entraîneur de football, commis boucher, dresseur de chiens et conseiller en sciences pour un district scolaire) ont appris à M. French que la valeur et le potentiel de l'examen de l'apprentissage pouvaient être envisagés de bien des façons. Il met pleinement à profit cette leçon lorsqu'il enseigne à ses élèves des niveaux moyens.

« Je veux qu'ils apprennent le plus possible durant le peu de temps qu'ils sont avec moi, dit-il. Alors, je présente un concept de plusieurs façons différentes à la fois. » Il stimule les élèves au moyen de scénarios, de situations et d'intrigues imaginaires, et les laisse faire des remue-méninges, collaborer puis utiliser une grande variété de renseignements et de concepts pour trouver des solutions. Les enfants savent qu'ils devront présenter ce qu'ils ont appris à la classe. Cela les encourage à trouver des liens, des implications et diverses façons de communiquer leurs idées; ce faisant, ils renforcent leur propre apprentissage.

Ainsi, les élèves de tous les niveaux d'aptitude, « les élèves ayant de solides aptitudes pour les études, ceux pour qui l'anglais est une langue seconde, ceux qui souffrent d'un trouble déficitaire de l'attention et l'enfant en fauteuil roulant », ont la chance de participer, fait remarquer M. French. Personne n'est laissé pour compte et chacun réussit.




Mona MacDonald

Mona MacDonald

L'« enfance idéale » de Mona MacDonald dans la Nouvelle-Écosse rurale l'a préparée à ce qu'elle fait aujourd'hui. Son père était un agriculteur-pêcheur et sa mère - « mon modèle » - une lectrice avide, toujours prête à faire la lecture à ses enfants et à les aider à faire leurs devoirs. Sept années dans une école à classe unique ont préparé Mme MacDonald au dévouement et aux exigences de l'enseignement en lui inculquant le sens de la compassion et de l'empathie.

« Un apprentissage fructueux est important », ajoute Mona MacDonald, de la West Pictou Consolidated School à Pictou, en Nouvelle-Écosse. « Les élèves doivent savoir qu'ils peuvent réussir, qu'il y a de nombreuses façons d'apprendre. »

Cela peut expliquer pourquoi la théorie des intelligences multiples (IM) de Gardner, qui cerne huit modes d'apprentissage différents (voir L'enseigner de toutes les façons). Les IM nous permettent d'apprendre simultanément à différents niveaux et de différentes façons, ce qui fait augmenter notre chance de réussir dans notre apprentissage.

« Les implications sont étonnantes », dit Jay Willman, de la R.B. Russell Vocational High School à Winnipeg, au Manitoba. « En reconnaissant ces diverses intelligences et en modifiant les pratiques d'enseignement pour s'adresser simultanément au plus grand nombre possible et les développer, on donne à chaque élève une chance égale de réaliser ses pleines possibilités de réussir. »

La recherche de la bonne stratégie d'enseignement pour chaque enfant - présenter l'information visuellement, oralement, au moyen de la manipulation, de la discussion ou du travail de groupe - est la clé de l'épanouissement du potentiel. Heureusement, les enseignants ne sont pas en panne d'inspiration.

Le recours à la technologie en salle de classe - équipement audio et vidéo, ordinateurs, lecteurs optiques, imprimantes et Internet - ouvre un monde de possibilités. Les élèves peuvent lire, regarder des images, écouter une bande, faire des recherches dans une base de données, organiser et réorganiser l'information, puis vivre une expérience d'apprentissage fructueuse, sans manuels ni tests. Ils peuvent ensuite confirmer ce qu'ils ont appris en utilisant le même vaste éventail de stratégies. Ce type d'apprentissage est considéré comme un divertissement et non comme un travail; une leçon dont les élèves se souviendront bien après leurs années d'école, espèrent les enseignants.

L'apprentissage par projets, comme les entreprises commerciales lancées par les élèves de 3e année de France Lafleur à l'école Victor-Thérien à Lachine, au Québec, est une autre façon de donner à chacun la chance de participer et d'apprendre. « Les enfants ont de la difficulté à comprendre qu'il s'agit de travail. Ils s'amusent », note-t-elle. Mme Lafleur donne à chaque enfant un rôle conforme à ses intérêts et ses aptitudes, un rôle qui le met au défi de travailler fort pour assurer la réussite du projet. « Ils finissent aussi par acquérir des valeurs telles que la justice et l'honnêteté, des qualités qui les aideront dans leur quotidien. »

Au bout du compte, si on leur donne une chance, « il n'y a pas d'élèves médiocres », affirme Mona MacDonald. « Il n'y a que des élèves aux modes d'apprentissage différents dont certains éprouvent des troubles d'apprentissage. » Chacun peut réussir et réaliser son potentiel lorsqu'on lui donne l'occasion d'apprendre de diverses façons.




France Lafleur

France Lafleur

Frappée à son tour par la force des mots, France Lafleur s'est vue animée d'une grande détermination à aider les enfants à bâtir leur force intérieure, leur confiance et leur image de soi. L'utilisation du langage transformationnel, qui est une technique de communication de la programmation neurolinguistique, permet à cette orthopédagogue passionnée de mettre à profit son dévouement et son amour pour les enfants. L'enseignement par projet, entre autre le démarrage des entreprises avec ses très jeunes élèves, lui sert de catalyseur pour son choix irrévocable d'aider les jeunes à faire rayonner leurs nombreuses compétences et poursuivre son enseignement novateur.

Le West Pictou Consolidated School

Learning Centre, que dirige Mme MacDonald, offre des ressources et des programmes pour aider les élèves, peu importent leurs aptitudes, dans une atmosphère détendue et bienveillante. Affable et chaleureuse, Mme MacDonald respecte manifestement ses élèves et porte un intérêt sincère à chacun d'eux, une autre dimension importante de la réalisation de leur potentiel. « J'ai de l'empathie pour les enfants. J'ai constaté que lorsque je les respecte, ils me respectent aussi; nous pouvons donc nous concentrer sur le travail d'apprentissage », dit-elle.

La critique peut motiver un enfant, qui peut décider de travailler fort pour prouver qu'elle n'est pas justifiée, mais ce n'est pas la meilleure façon, affirme Mme Lafleur. On risque trop de tout simplement démoraliser l'enfant.

« On est capable! » telle est la devise de la classe de Mme Lafleur et elle témoigne bien de sa croyance que la confiance en soi, la détermination et la persévérance sont les plus beaux cadeaux qu'elle puisse faire à ses élèves. Tous les jours, elle a recours en salle de classe au langage transformationnel - un langage fondé sur la réussite, axé sur la charge émotive des mots, qui développe et renforce l'estime de soi à l'aide d'énoncés positifs sur le plan émotif.

Mme Lafleur, qui a une formation en technologie de l'information et en psychologie, et qui a déjà travaillé dans la vente automobile, utilise depuis une dizaine d'années le langage de la réussite dans divers milieux d'enseignement, y compris avec des enfants handicapés et des élèves de classes supérieures ainsi que dans les cours de sciences pures et les classes de l'élémentaire. Elle a pu observer des résultats positifs à chaque occasion.

Mais qu'en est-il de l'élève difficile, de celui qui est tellement découragé de l'école ou qui a tellement de problèmes à la maison qu'il ne veut ou ne peut coopérer et participer?

« On n'observe presque jamais de comportements nuisibles, non coopératifs ou mauvais en salle de classe », poursuit Mme Lafleur, car en utilisant le langage de la réussite et en exprimant sa confiance dans la capacité de réussite de l'enfant, elle veille à ce que ses élèves réalisent leur plein potentiel. Elle fait fond sur chaque petite réussite afin d'engendrer d'autres réussites pour chaque élève.

Un élève qui est heureux d'apprendre, peu importe qu'il soit bruyant ou turbulent, n'est pas un mauvais élève, convient M. French. « Lorsque j'enseigne à un enfant, je n'essaie pas de modifier son attitude face à lui-même ou à l'apprentissage, explique-t-il; j'essaie de mettre en relief cette attitude et ensuite de miser sur elle pour encouragermen l'enfant à se comprendre. »

« Le fait de savoir qu'ils font de leur mieux et que je les appuie aide les enfants à se concentrer et à s'investir », conclut Mona MacDonald.