L'intégration : pour ou contre
Les théories de l'enseignement sont en perpétuelle évolution. Plus nous en apprenons sur le développement de l'enfant, plus nous en apprenons sur la façon de leur enseigner. L'intégration scolaire en est l'exemple le plus frappant.
« Depuis que j'enseigne, j'ai vu le pendule passer d'un extrême à l'autre, de l'intégration la plus totale à la ségrégation la plus pure » explique Carmie MacLean, qui enseigne à la Tusarvik School de Repulse Bay (Nunavut).
Il fut un temps où la ségrégation des élèves en fonction de leurs habiletés était la norme. On croyait alors qu'il était préférable qu'une formation et un programme d'études, adaptés aux besoins et aux capacités de chaque groupe, soient offerts séparément, souvent dans un établissement distinct.
« C'est justement dans ce type d'établissement que j'ai commencé à enseigner, explique Kathy Forsythe-Lantz, enseignante à la Waterloo-Oxford District Secondary School de Baden (Ontario). J'ai tout de suite commencé à exercer des pressions pour que les choses changent. »
L'intégration des enfants en difficulté était alors perçue comme un meilleur moyen d'assurer l'autonomie, l'estime de soi et l'acceptation sociale de ces enfants tout en leur fournissant l'aide nécessaire.
Depuis, un vent de changement s'est de nouveau levé.
« Je suis entièrement en faveur de l'intégration, mais seulement si les élèves en bénéficient », affirme Mme Forsythe-Lantz. Dans de nombreux cas, l'intégration ne fait qu'isoler davantage l'enfant qui a des besoins spéciaux en accentuant ce qui le distingue, physiquement ou intellectuellement, de ses camarades. Selon elle, l'intégration complète fonctionne bien à la maternelle, dans une chorale ou, avec certaines limites, dans des cours techniques ou de musique de nature essentiellement pratique.
« Il n'y a pas de recette miracle, renchérit Carmie MacLean. Un grand nombre d'enfants s'épanouissent dans un milieu intégré, d'autres pas. L'établissement que fréquentera un enfant doit être déterminé au cas par cas. » Elle ajoute : « Dans l'ensemble, j'encourage l'intégration. Elle aide les enfants à comprendre et à accepter que chacun de nous est différent des autres à certains égards. »
Les deux enseignantes sont d'accord : la meilleure solution est l'établissement d'un système qui offre diverses possibilités allant de la ségréation complète à l'intégration complète, afin que les enseignants, les parents et les élèves puissent choisir celle qui convient le mieux.