Des ordinateurs de poche à l'école
David Hildebrand donne le cours d'études commerciales et d'applications informatiques au Garden Valley Collegiate, à Winkler (Manitoba). Après avoir entendu un « futuriste » du domaine de l'éducation mentionner que les ordinateurs de poche (ou assistants numériques, de petits ordinateurs entièrement fonctionnels qui tiennent dans la main et qui peuvent recevoir et traiter de l'information et communiquer avec d'autres ordinateurs et assistants numériques) révolutionneraient l'enseignement - sans toutefois préciser où, quand ni comment - David Hildebrand a aidé à concevoir et à mettre en œuvre le projet M-Learning (apprentissage mobile) dans son école.
Le projet a débuté en 2000-2001 grâce à un partenariat avec une entreprise privée qui a fourni à l'école 35 ordinateurs de poche. David Hildebrand a commencé très simplement. « J'ai distribué les appareils dans la classe et j'ai laissé les élèves trouver leurs propres façons de les utiliser », explique-t-il. Il voulait permettre aux élèves de découvrir les possibilités des ordinateurs de poche eux-mêmes, plutôt que de risquer de les limiter peut-être à ce que lui, à titre d'enseignant, pouvait imaginer.
(« Il y a littéralement des dizaines de milliers de logiciels qui existent pour les ordinateurs de poche, fait remarquer M. Hildebrand, dont un bon nombre peuvent être adaptés à des fins éducatives. » Les logiciels de prise de notes, les agendas et les logiciels qui permettent de transférer l'information d'un assistant numérique à un ordinateur ou à un autre assistant numérique par le biais d'un rayon infrarouge, n'en sont que quelques exemples.)
Très rapidement, les élèves ont commencé à utiliser leurs ordinateurs de poche pour planifier et gérer leurs travaux d'équipe, s'échanger de l'information et prendre des notes en classe puis les transférer directement à leurs ordinateurs à la maison. Cette dernière application est particulièrement importante, souligne M. Hildebrand. Elle permet aux élèves de passer plus de temps à prendre des notes - en sachant qu'ils n'auront pas besoin de les retranscrire - et à évaluer et assimiler les connaissances. Les assistants numériques ont été utilisés dans les cours de français, de mathématiques et d'études commerciales, et leur usage est maintenant très répandu auprès des enseignants et des élèves de l'école.
Le projet M-Learning a permis d'intégrer la technologie de l'information et des communications (TIC) au programme d'études de façon harmonieuse et à un coût réduit (acheter suffisamment d'assistants numériques pour une classe revient beaucoup moins cher que d'acheter des ordinateurs et d'entretenir de grands laboratoires informatiques), affirme David Hildebrand. Le projet a par ailleurs amené de nouveaux partenariats (avec le secteur privé et le milieu de l'éducation) à l'école.
Fait intéressant, le projet a aussi attiré des filles -habituellement récalcitrantes à s'inscrire à des cours axés sur les technologies - vers l'apprentissage des TIC, ce qui pourrait se révéler un élément important dans l'ouverture aux filles du secteur des technologies de pointe.
Les technologies de transmission instantanée de l'information fournissent aux élèves des moyens nouveaux et intéressants de collaborer et rendent possible la rétroaction immédiate des enseignants. Les travaux peuvent être remis rapidement par l'élève, puis évalués et retournés par l'enseignant. L'apprentissage n'est plus prisonnier de la salle de classe. Les élèves peuvent faire des recherches sur le terrain au moyen de leur ordinateur de poche et des logiciels de recherche scientifique, accéder à Internet et gérer des fichiers dans tous leurs cours, grâce à un réseau sans fil.
« Il semble que le projet soit une réussite, conclut David Hildebrand. Il a sans aucun doute suscité un enthousiasme et un intérêt pour l'apprentissage qui n'étaient pas là auparavant, et il s'est également révélé une méthode rentable de communication par ordinateur entre les enseignants et les élèves. »